
15 années dans le secteur de l’éducation populaire, une reconversion professionnelle dans la fabrication de pain biologique et Emmanuelle Vedeau crée en 2013 « Vache de Boulangerie », au sein de la CAE Inter'activ à Redon. Après un an à sillonner les marchés, elle rejoint la SCOP Trebara, à Bain de Bretagne.
Son projet en CAE : du pain bio produit localement et vendu sans intermédiaire
« J’ai choisi le bio parce que le respect de l’environnement, le respect du vivant et le fait de bien nourrir les hommes sont les valeurs que j’avais envie de défendre», explique Emmanuelle. Son projet d’entreprise consiste à produire et à vendre du pain ainsi que des viennoiseries en bio, local et sans intermédiaire. Elle loue un fournil auprès d’un boulanger et se lance au rythme d’une fournée et de deux marchés par semaine. Cependant, cette activité n’atteint pas la rentabilité escomptée et Emmanuelle doit la compléter en travaillant en parallèle pour deux boulangeries. Elle réalise peu à peu qu’elle s’est éloignée de son projet initial et que, malgré l’accompagnement régulier et l’écoute trouvés auprès de la CAE, elle se sent seule dans l’exercice de son métier. Retrouver un poste salarié lui apparaît alors comme le moyen de renouer avec une organisation collective au quotidien. La SCOP Trebara, qu’elle ne connaît alors que de nom, ouvre un poste qu’elle intègre en mars 2015.
La SCOP Trebara : un fournil et des valeurs partagés
L’environnement de travail de la SCOP Trebara répond à ses attentes. La coopérative compte cinq boulangers et une personne dédiée à la vente. « On défend les mêmes valeurs et on a la même vision de l’entreprise », poursuit Emmanuelle. L’organisation est pensée d’après l’idée que si le travail est important, il n’est pas l’essentiel. À la fois boulangers et vendeurs, les membres de cette coopérative s’autogèrent sans hiérarchie. Ils peuvent se relayer pour s’accorder de la souplesse dans la gestion de leurs temps de travail et dans l’organisation matérielle et économique de la structure. D’ici trois ans, ils envisagent de faire construire un fournil éco-conçu.
« S’associer a du sens »
Pour pouvoir être associé de Trebara, il faut y être salarié depuis au moins un an. Ce délai laisse le temps de mûrir la réflexion. Pour Emmanuelle, le projet de s’associer s’inscrit dans la continuité de son parcours : « Je trouve important que les salariés soient les défenseurs de ce sur quoi ils travaillent ». L’associé n’est pas un salarié comme les autres. L’absence de hiérarchie va de pair avec un rapport au travail très différent dans lequel le développement personnel trouve sa place : chacun est autonome, initie des projets, fait attention à l’autre, fait circuler l’information dans une démarche de construction commune de l’organisation du travail. « Je me retrouve dans cette organisation. Se sentir investi dans son travail, ce n’est pas rien !», ajoute-t-elle.
La CAE : une étape essentielle dans son parcours
Dans l’environnement sécurisé de la CAE, Emmanuelle a été confrontée à la vente, à la comptabilité, à la gestion des stocks. « Quand j’ai postulé à la SCOP Trebara, je savais de quoi je parlais et cela, je pense, a été un atout pour avoir le poste. À Inter’activ, l’accompagnement individuel de Solène Michenot m’a fait avancer, m’a apporté un précieux regard extérieur », précise-t-elle.
Pour en savoir plus sur la SCOP Trébara : www.scop.trebara.com


